
Facturation électronique : ce qui va changer pour votre entreprise
Ce qu’il faut retenir
TL;DR
À partir de septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée par l’État.
Dès cette même date, les ETI et grandes entreprises devront également émettre leurs factures sous ce format.
Pour les TPE-PME, l’obligation d’émission suivra en septembre 2027.
Concrètement, un simple PDF par e-mail ne suffira plus : les factures devront respecter un format structuré et transiter par une plateforme certifiée.
Aucun report n’est prévu : l’administration a simplement précisé, à quelques semaines de l’échéance, la marge de tolérance accordée aux entreprises de bonne foi.
Article mis à jour le 21 juillet 2026 : précisions sur la tolérance administrative à quelques semaines de la première échéance.
Facturation électronique : ce qui va changer pour votre entreprise
À partir du 1er septembre 2026, l’administration fiscale impose la réception de factures électroniques pour toutes les entreprises assujetties à la TVA en France. Les ETI et Grandes Entreprises seront également obligées d’émettre sous ce format dès cette échéance.
En septembre 2027, toutes les entreprises françaises devront émettre et recevoir leurs factures via des plateformes agréées par l’État.
Voici ce qu’il faut savoir pour anticiper cette transformation.
Une réforme européenne qui touche toutes les entreprises
La dématérialisation des factures s’inscrit dans une dynamique européenne dont la France s’empare avec un objectif clair : remplacer les échanges de factures aux formats disparates par un système standardisé, structuré et traçable.
Concrètement, une facture électronique au sens de cette réforme n’est pas un simple PDF envoyé par e-mail. Elle doit :
- Respecter l’un des 3 formats structurés reconnus
- Factur-X (format mixte composé d’un fichier de données structuré au format XML et d’un fichier PDF)
- UBL (Universal Business Language)
- CII (Cross Industry Invoice)
- Comporter les mentions obligatoires d’une facture sous un format donné dans un champ dédié : SIREN, adresse de livraison des biens si différente de l’adresse de facturation, information sur la composition de la facture entre « biens » et « services », paiement de la TVA d’après les débits, si concerné.
- Être transmise obligatoirement via une plateforme agréée par l’État.
Une plateforme agréée (anciennement appelée « PDP » pour Plateforme de Dématérialisation Partenaire) est un prestataire de services privé certifié par l’État, en capacité d’envoyer, de transmettre et de recevoir des factures électroniques. Ces plateformes jouent un rôle d’intermédiaire entre fournisseurs et clients dans le cadre de la réforme.
Pourquoi cette réforme ?
Trois objectifs principaux motivent cette réforme :
- Lutter contre la fraude à la TVA. La transmission systématique des données de facturation à l’administration permet de détecter plus efficacement les anomalies et les montages frauduleux.
- Réduire les délais de paiement. En automatisant la réception et le traitement des factures, les entreprises réduisent les frictions administratives qui allongent les cycles de paiement.
- Simplifier les démarches. À terme, la généralisation de la facturation électronique doit alléger significativement la charge administrative des entreprises, notamment pour les déclarations de TVA.
Le calendrier à retenir
- Dès septembre 2026, doit être en capacité de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée.
- En septembre 2027, l’obligation d’émission via une plateforme agréée.
Pour les ETI et les grandes entreprises
- Dès septembre 2026, obligation d’émission ET de réception.

Pour rappel, la taille de l’entreprise est définie selon les critères suivants :
- PME : entreprise dont l’effectif est inférieur à 250 personnes et dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 50 millions d’euros ou dont le total de bilan n’excède pas 43 millions d’euros
- ETI : entreprise dont l’effectif est inférieur à 5000 personnes et dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 1500 millions d’euros ou dont le total de bilan n’excède pas 2 000 millions d’euros (et supérieur aux critères d’une PME)
- Grande entreprise : entreprise qui excède les critères d’une ETI.
Une tolérance administrative, pas un sursis
Début juillet 2026, la DGFiP a mis en ligne un guide pratique qui clarifie un point resté flou jusque-là : que se passe-t-il pour l’entreprise qui, malgré ses efforts, n’est pas totalement prête au 1er septembre ? Réponse de l’administration : rien ne bouge sur les dates, mais une marge de manœuvre existe pour qui peut justifier d’un problème concret. Une facture arrivée en PDF ou sur papier après l’échéance reste valable pour le paiement et la déduction de TVA, à condition de régulariser ensuite via le circuit électronique.
Cette souplesse couvre des cas précis : un rejet technique à corriger et retransmettre, un refus de l’acheteur qui doit être motivé (et ne pas se confondre avec un désaccord commercial), ou encore un problème d’annuaire que la plateforme peut contourner via des données déjà connues ou une adresse Peppol. Ce que l’administration ne tolérera pas, en revanche, c’est l’attentisme pur et simple.
Le régime de sanctions reste intact : amende par facture pour défaut d’émission (article 1737 du Code général des impôts), pénalité spécifique pour défaut d’e-reporting (article 1788 D), mise en demeure préalable en cas de défaut de réception (article 1737 IV bis). La tolérance s’applique à ceux qui avancent, pas à ceux qui attendent.
Sur le terrain, la situation est contrastée. L’offre s’est étoffée avec plus d’une centaine de plateformes désormais immatriculées, certaines encore en cours de tests avec le portail public. Côté demande, un écart net se dessine entre le discours des grandes entreprises et des ETI, souvent confiantes, et l’état réel de leurs chantiers internes, encore partiel pour beaucoup.
Pour aller plus loin sur ce point précis, voir le guide pratique officiel publié par la DGFiP.
Une nuance importante sur l’obligation de réception
L’obligation de réception mérite une précision souvent mal comprise. Elle ne signifie pas que vous devrez recevoir toutes vos factures fournisseurs via une plateforme agréée dès septembre 2026. Elle signifie que vous devrez être en mesure de recevoir les factures des fournisseurs qui sont dans l’obligation d’émettre électroniquement (ou qui ont décidés d’y passer dès à présent avant l’échéance générale de septembre 2027).
Autrement dit : si aucun de vos fournisseurs n’est dans l’obligation (ou a choisi par anticipation) d’émettre électroniquement, vous ne serez probablement pas impacté par l’obligation de réception avant que ceux-ci ne basculent à leur tour.
La démarche clé est donc d’analyser votre portefeuille fournisseurs : identifiez ceux qui sont des ETI ou grandes entreprises obligées d’émettre dès septembre 2026.
Mais en étant réaliste, cela concernera beaucoup de monde : il suffit d’un contrat avec un opérateur télécom grand public, un éditeur logiciel important ou un grand fournisseur d’énergie pour devoir se préparer à la réception électronique dès septembre 2026.
Comment ça fonctionne concrètement ?
Une fois inscrit sur une plateforme agréée, les échanges de factures suivent un circuit bien défini.
Lorsqu’une entreprise émet une facture, la plateforme se charge de la transmettre à la fois vers la plateforme utilisée par le destinataire, et vers l’administration fiscale.
À la réception, c’est la même plateforme qui centralise les factures entrantes des fournisseurs soumis à la réforme.
La liste des plateformes agréées par l’État est consultable sur le site impots.gouv.fr.
Ce que cela implique pour votre organisation
La réforme impose aux entreprises de prendre plusieurs décisions en amont :
- Analyser votre exposition fournisseurs. Identifiez parmi vos fournisseurs ceux qui seront soumis à l’obligation d’émission dès 2026 : ce sont eux qui déterminent l’urgence de votre mise en conformité côté réception.
- Choisir une plateforme agréée. Ce choix doit tenir compte de vos volumes de facturation, de vos outils existants (ERP, logiciel de gestion) et des services proposés par chaque plateforme (intégration, archivage, rapprochement…).
- Préparer vos systèmes d’information. Votre outil de facturation devra être capable de générer des factures dans l’un des formats acceptés et de communiquer avec votre plateforme agréée.
- Intégrer les nouvelles mentions obligatoires. La réforme introduit 4 nouvelles mentions à faire figurer sur vos factures : le numéro SIREN de votre client, l’adresse de livraison si différente de l’adresse de facturation, la nature de la facturation (biens, services ou les deux), et le régime de TVA sur les débits si votre client y a opté.
- Former vos équipes. Les services comptables et administratifs devront s’approprier les nouveaux processus de création, d’envoi et de réception des factures.
- Anticiper dès maintenant. Même si l’obligation d’émission ne concerne les TPE-PME qu’à partir de septembre 2027, l’obligation de réception s’appliquera dès septembre 2026. C’est le moment d’évaluer vos outils et de lancer la transition.


