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La transition vers l’IPv6 : un enjeu majeur de compétitivité

IPv4 / IPv6 de quoi parlons-nous ?

Le protocole Internet IPv4 est la première version d’Internet Protocol (IP) à avoir été largement déployée, et forme encore en 2020 la base de la majorité des communications sur Internet.

Un ordinateur, une imprimante, un smartphone, un routeur, etc… tout périphérique connecté à un réseau et qui veut communiquer avec les autres hôtes du réseau doit disposer d’une adresse IP.

Chaque équipement sur le réseau se voit donc attribuer une ou plusieurs adresses IP de type IPv4.

Dans le protocole IPv4, il convient de distinguer les adresses IP publiques et privées. 

Les adresses IP publiques ne sont pas utilisées dans un réseau local mais uniquement sur internet. Les routeurs (par exemple : une box) disposent d’une adresse IP publique côté internet, ce qui rend la box visible sur internet.

Pour cette raison, une adresse IP publique est unique dans le monde.

Les adresses IP privées sont uniques dans le réseau local. Ces adresses ne sont pas routées sur Internet. Un réseau privé peut être numéroté librement avec les plages d’adresses privées prévues à cet effet. Par opposition aux adresses publiques d’Internet, ces adresses ne sont pas uniques, plusieurs réseaux pouvant utiliser les mêmes adresses.

Les adresses publiques IPV4 épuisées en Europe !

Avec près de 4,3 milliards d’adresses, le protocole IPV4 est utilisé sur internet depuis ses débuts. Cependant, la croissance des nouveaux usages et la multiplication des équipements ont eu pour conséquence l’épuisement progressif de ces adresses. Cette raréfaction programmée a donné naissance à un nouveau protocole.

L’IPv6 est donc l’aboutissement des travaux menés au sein de l’IETF (Internet Engineering Task Force) à la fin des années 90 pour succéder à l’IPv4. En 2020, le déploiement d’IPv6 reste encore limité mais inéluctable. L’IPv6 propose une quasi-infinité d’adresses (près de 667 millions d’adresses pour chaque millimètre carré de surface terrestre). 


En savoir plus

Adresse IP : Une adresse IP est unique sur un réseau. Il s’agit d’un numéro d’identification qui est donné de manière permanente ou provisoire à chaque machine d’un réseau. C’est un peu comme son adresse postale. Cela permet d’acheminer des données entre machines.

IPV4 : Les adresses IP, dans cette version du protocole, sont codées sur 32 bits.

Cette adresse est composée de 4 octets, chacun ayant leur valeur décimale comprise entre 0 et 255, séparés par des points ;

Exemple : 212.85.150.133

IPV6 : Une adresse IPv6 est longue de 128 bits, soit 16 octets. La notation décimale pointée employée pour les adresses IPv4 (par exemple 172.31.128.1) est abandonnée au profit d’une écriture hexadécimale, où les 8 groupes de 2 octets (16 bits par groupe) sont séparés par un signe deux-points.

Exemple : 2001:0db8:0000:85a3:0000:0000:ac1f:8001


Vous l’aurez compris, les 4,3 milliards d’adresses IP, dont 83 millions en France, ont été distribuées. Les registres d’attribution d’adresse IP (le RIPE pour l’Europe) n’ont plus d’adresse IPv4 à allouer et le seul moyen d’en obtenir est l’achat auprès d’un opérateur en disposant en surplus.

IPV6, l’innovation au service de la croissance

L’IPv6 peine à s’imposer. 16 ans après sa naissance, et alors que la pénurie d’IPV4 est factuelle, seuls 38 % des équipements connectés utilisent des IPV6 en France. Dans le monde, le taux d’adoption est de 27 %. La raison majeure de cette transition lente est l’incompatibilité directe entre les deux protocoles. 

Pour autant, les avantages sont concrets et répondent aux besoins actuels :

D’un point de vue purement économique, un des grands avantages d’IPv6 est d’apporter plus de granularité dans la distribution massive d’adresses IP et de faire baisser le coût de possession des blocs d’adresses. Par ailleurs, le fait d’identifier les équipements sur des adresses IPv6 en mode public permet de s’affranchir de la nécessité d’acheter des subnets.

D’un point de vue technique, le passage en IPv6 permet de simplifier la gestion et d’améliorer les performances des firewalls et équipements de type routeur. Avec le protocole IPv6, chaque équipement dans le réseau local dispose d’une IP publique. Il n’est donc plus nécessaire de créer des règles de NAT avec des traductions d’adresses associées, une simple gestion d’accès est nécessaire. Les équipes techniques vont ainsi gagner du temps et simplifier les configurations réseaux.

L’adoption du protocole IPv6 est donc essentielle au développement continu de l’Internet. Les opérateurs de réseaux, fournisseurs de contenu, développeurs de logiciels et de matériels, les entreprises doivent donc le mettre en œuvre pour continuer à assurer l’efficacité, la connectivité et la croissance de leur activité.

En pratique chez unyc

Depuis plusieurs mois, unyc œuvre à la mise en place de ce protocole. Nos éléments d’infrastructures ont ainsi tous évolué pour être full IPv6 :

  • Les équipements cœur de réseaux (CISCO et Huawei) sont tous 100% compatibles.
  • Notre plateforme de téléphonie intègre nativement ce protocole.
  • Le transit internet, le peering avec les opérateurs de collecte, ainsi que nos DNS sont également configurés en IPV6.

En ce qui concerne les services d’accès :

  • Tous les liens déjà configurés en IPv4 le resteront sauf à choisir une bascule vers le nouveau protocole. Le cas échéant, unyc vous accompagnera dans cette démarche.
  • A partir du premier trimestre 2021, tous les nouveaux liens IP seront automatiquement configurés en IPv6. Il sera néanmoins possible sous conditions d’ajouter une configuration IPv4 si le contexte l’oblige (voir plus bas).

Quels impacts pour vous à partir du premier trimestre 2021 ?

Même si votre lien est configuré en IPv6, vous pourrez continuer à accéder à des ressources configurées en IPv4. Nous avons en effet mis en place des mécanismes de translation IPv4-IPv6 pour vous garantir une parfaite compatibilité entre les deux protocoles. 

Que vous soyez utilisateur final ou revendeur de services réseaux, des adaptations seront nécessaires. 

En résumé et pour les cas les plus courants :

  • Pour les réseaux locaux utilisant un plan d’adressage dynamique (DHCP) et sans hébergement de serveur, la configuration des équipements en IPv6 sera quasi-automatique. Par ailleurs, vous devrez configurer votre serveur DHCP pour qu’il alloue les adresses IPv6. Les règles de firewalling configurées en IPv4 devront être retranscrites en IPv6.
  • En complément de la configuration précédente, si le réseau local intègre un ou plusieurs serveurs, vous devrez allouer de nouvelles adresses IPv6 fixes à ces mêmes serveurs.
  • Certains équipements (serveurs, machines-outils, imprimantes matricielles…) antérieurs aux années 2000 resteront incompatibles avec le protocole IPV6. Lors de la migration d’un réseau un recensement exhaustif devra alors être effectué pour apporter la solution appropriée : changement de matériel ou mise en place de dual-stack (double adressage IPV4-IPV6) par exemple.

L’ensemble des équipes unyc reste à votre écoute pour vous accompagner. Des guides de migration seront mis à votre disposition dans les mois à venir.